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Le droit de cuisiner des épluchures

le - - Vie juridique

Le droit de cuisiner des épluchures

Journaliste gastronomique, restauratrice et écrivain de livres de cuisine, Sonia Ezgulian participera jeudi 6 avril aux prochaines rencontres droit et gastronomie qui auront pour thème « le droit à une gastronomie de qualité » et qui se dérouleront à la maison d'hôte Mapièce à Lyon.

Quel sens allez-vous donner à cette soirée ?
Quand on parle de cuisine, on est dans le plaisir, l’échange, le partage. Ce sont là de belles valeurs, mais on s’intéresse peu aux problèmes de fond. Cette rencontre est une occasion de parler de la cuisine et de la gourmandise d’un point de vue social et philosophique, d’évoquer l’anti gaspillage alimentaire sur lequel j’ai écrit un livre.
J’ai pu quantifier ce problème du gaspillage lorsque j’ai tenu un restaurant. Je me suis demandée comment faire pour que les épluchures soient acceptées au même titre qu’un autre mets, de manière raffinée et élégante. Je veux montrer que l’on peut réaliser de jolis plats en utilisant des restes et des épluchures. Je glisse, par exemple, des trognons de pommes dans des petits pâtés. C’est goûteux et élégant. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela demande deux fois plus de travail, d’imagination et d’organisation.

Comment peut-on démocratiser cette utilisation des épluchures ?
C’est beaucoup plus facile aujourd’hui qu’il y a quinze ans. Quand, au restaurant, on mange de la peau de poisson grillée, une petite arête croustillante ou bien des racines de poireau frites, on trouve ça formidable. Les mentalités ont changé. On regarde désormais le produit différemment.
A travers mes livres, je montre qu’il est possible de ne pas gaspiller avec des idées simples et des astuces pour conserver des produits, pour acheter de la meilleure qualité. Les consommateurs ont besoin d’idées et de mises en pratique concrètes. Ils sont prêts à adopter, progressivement, des gestes et des habitudes pour changer de comportement. Mais ça ne s’improvise pas.

« Le droit à une gastronomie de qualité », un sujet qui mérite réflexion ?
Au-delà de l’aspect financier, on a tendance à penser que la cuisine de qualité est accessible à tous, mais non. Derrière, se cache un vrai problème d’éducation, d’enseignement. On sait peu de choses sur le circuit alimentaire des produits. L’alimentation saine, de qualité et sans gaspillage, est un sujet proche des gens et qui découle directement sur la santé. C’est certainement un domaine qui devrait intéresser de plus en plus d’avocats.
Ce rendez-vous du 6 avril sera une nouvelle rencontre, un moment de partage pour avancer et aller toujours plus loin ensemble.

Propos recueillis par Agnès Giraud-Passot

Réservations à la soirée ici sur notre site




Agnès GIRAUD-PASSOT
Journaliste

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