Fermer la publicité

Le père Ubu de Schiarretti, scato en diable !

le - - Spectacle vivant

Le père Ubu de Schiarretti, scato en diable !
Michel Cavalca - Ubu Roi (ou presque) mis en scène par Christian Schiaretti

Ubu Roi fut une déflagration théâtrale à sa création le 10 décembre 1896 au théâtre de l'Oeuvre. Alfred Jarry y dynamitait tous les codes du genre, se moquant éperdument des usages et donnant à entendre une langue rabelaisienne et crue, ponctuant toute la pièce de Merdre tonitruants devenus célèbres. Ubu est depuis entré dans le langage courant comme symbole du délire du pouvoir et de l'absurdité des hiérarchies politiques.

L'année dernière, 120 ans après sa création, Christian Schiaretti s'emparait du personnage pour en donner sa vision, celle d'une fatrasie (genre de poésie médiévale qui cultive le non-sens) collective où l'humour potache et graveleux est poussé à l'extrême du (presque) mauvais goût. Comme le presque du titre de la pièce mise en scène par le directeur du TNP, Christian Schiaretti. Mêlant la pièce maîtresse Ubu Roi avec Ubu Cocu et Ubu sur la butte, comme il entrelace les styles musicaux et vestimentaires, Ubu roi (ou presque) déverse des signes sur les spectatrices et spectateurs jusqu'à les saturer, comme les éructations du père Ubu.

À l'image de la scénographie de Fanny Gramet, particulièrement soignée. Gigantesque décharge à ciel ouvert, tas de crottes au sens propre, le moins que l'on puisse dire est que le décor de Ubu Roi (ou presque) est à prendre au pied de la lettre. Des détritus en tous genres, canettes écrasées, chaises renversées, bidons, jonchent la scène recouverte de terre battue, formant un amoncellement de déchets dans lesquels se vautrent les comédiens.

Des comédiens méchamment engagés, tel Stéphane Bernard, formidable en père Ubu, déclinant toutes les nuances d'un personnage veule, antipathique et horrifique jusqu'à même le rendre attachant . Ou comme Annick Bergeron, parfaite en mère Ubu tyrannique et soudainement effarouchée dans sa robe à paniers noire rappelant furieusement les Ménines de Velasquez. Un Ubu grandguignolesque !

Gallia Valette-Pilenko

TNP, jusqu'au 28 octobre, www.tnp-villeubanne.com




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Hebdomadaire régional à dominante économique

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide