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Les 20 ans des Vins de Vienne

le 12 décembre 2016 - Antonio Mafra - Gastronomie / Vins

Les 20 ans des Vins de Vienne
© Christophe Goussard - François Villard, Yves Cuilleron et Pierre Gaillard

Yves Cuilleron, Pierre Gaillard et François Villard fêtent l'anniversaire d'une association, rare dans le monde du vin, à l'origine de la résurrection du vignoble de Seyssuel.

Dans l’un de ses écrits, Pline l’ancien évoque les vins issus des parcelles plantées à Seyssuel. Ils ont pour noms Sotanum, Taburnum et Heluicum. Du pain béni pour Yves Cuilleron, Pierre Gaillard et François Villard qui, en 1996, s’associent pour replanter les vignes sur ces coteaux qui dominent Vienne. Car la réglementation leur interdit d’utiliser le nom du territoire. Ils vendront des vins de pays, d’abord des syrah commercialisées en 1998 sous le nom de Sotanum. Deux ans plus tard, les premiers viogniers arborent l’enseigne de Taburnum. Le petit dernier, une syrah sur le fruit et la jeunesse, attendra 2004. Les deux premiers s’affichent à 35€, le troisième à 21€.


Les 20 ans de l’aventure, qui deviendra celle des Vins de Vienne, offre l’occasion aux trois vignerons de revenir sur les recettes de leur succès. D’abord un profond attachement au terroir, et en particulier celui de Pierre Gaillard originaire de Ternay. Ensuite une complicité forgée dans d’âpres discussions pour définir le caractère de chacun de ces trois vins. Ensuite l’absence d’ego qui leur permet de travailler main dans la main lorsqu’il s’agit de l’entreprise qu’ils ont créée, tout en défendant leur propre domaine à Malleval pour Pierre Gaillard, Chavanay pour Yves Cuilleron et Saint-Michel-sur-Rhône pour François Villard.


Aujourd’hui, les trois mousquetaires exploitent 10,5 ha de syrah et 1,5 ha de viognier. Outre leur talent de vignerons leur succès tient aussi à un terroir de Massif central, jumeau de celui de la côte-rôtie. « Avant les appellations, on donnait le nom de côte rôtie en raison de son exposition sud-sud/ouest ou on trouve des figues de barbarie, justifie François Villard. Ici j’ai toujours entendu des cigales. » Leur succès a fait des émules. D’autres vignerons, comme Louis Chèze, Stéphane Ogier Michel Chapoutier et Alain Paret, sont venus les rejoindre. Aujourd’hui, le vignoble compte 13 domaines qui se partagent une surface de 40 000 ha, sur un potentiel de 120 ha.

 

Un trio de vins pour un trio de vignerons

A l’image des trois fondateurs, Sotanum, Heluicum et Taburnum forment le socle historique des Vins de Vienne. Des vins élevés par Pascal Lombard, directeur technique arrivé en 2001. Classés en IGP Collines rhodaniennes, élevés près de 18 mois, les Vins de Vienne viennent de parcelles de même topographie, d’un même sol et d’une même exposition que les crus de côte-rôtie.
En rouge, sans forcément opter pour la Sotanum qui mérite encore quelques années de garde, le  millésime 2014 en Heluicum constitue une belle entrée en matière. Cette cuvée atypique, très proche des saveurs d’une côte-rôtie. Fraîche, complexe et gourmande, des tanins fins et serrés, un finale épicée, un vrai bonheur à un prix tout à fait raisonnable.


Une signature qui s’étend jusqu’à château-neuf-du-pape

Au fil des années, Yves Cuilleron, Pierre Gaillard et François Villard ont racheté des parcelles sur d’autres appellations, plantant l’étendard des Vins de Vienne sur les saint-péray, crozes-hermitage, hermitage, saint-joseph, condrieu, cornas et côte-rôtie, pour la partie nord, château-neuf-du-pape, vacqueyras, gigondas et cairanne, plus au sud. Aujourd’hui, ils commercialisent 500 000 bouteilles, dont 50 000 bouteilles en Sotanum, Taburnum et Heluicum, dans le réseau traditionnel des cavistes et CHR. La gamme comprend 21 rouges, 14 blancs, un rosé, un effervescent (un saint-péray vinifié en marsanne) L’exportation, principalement outre-Atlantique, au Royaume-Uni, pays scandinaves et Japon, représente 40 % d’un chiffre d’affaires estimé à 4 M€ pour l’année 2016.



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