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Les mille visages du saint-joseph

le 07 décembre 2015 - Antonio MAFRA - Gastronomie / Vins

Les mille visages du saint-joseph
D.R. - 450 producteurs de raisin, mais seulement 100 caves particulières et 30 négociants

Colonne vertébrale des crus des côtes-du-rhône septentrionales, le saint-joseph s'enracine sur les faces sud des coteaux qui se dressent sur la rive droite fleuve. Une AOC qui se taillera, comme chaque année, la part du lion au marché aux vins de Chavanay.

AOC depuis 1965, le saint-joseph s’étend sur 45 km le long du fleuve, de Chavanay au nord à Guilherand au sud, une particularité qui lui vaut le surnom de " Chili de la Vallée du Rhône ". Ce long ruban s’apprécie par la face sud. L’autre face est plantée de chênes et de garrigue. « Plus que d’un couloir, il faut parler d’îlots dans les vallées transversales, précise Joël Durand, président des Vignerons de saint-joseph. Chacun possède ses particularités géologiques qui expliquent la diversité des arômes de l’appellation. » Et la diversité des prix également. Au-delà des génétiques, des vins signés donnent leurs lettres de noblesse à l’AOC. Certains blancs se paient même le luxe de gardes prolongées qui font des des envieux chez les rouges.
450 producteurs de raisin, mais seulement 100 caves particulières et 30 négociants exploitent le terroir.  La cave coopérative de Saint-Désirat vinifie 40 % des saint-joseph, plus que celle de Tain-L’Hermitage. Les vignerons jouent sur une palette limitée. Les 10 % de raisins blancs, maximum autorisés dans l’assemblage des rouges (91 % de la production de l’appellation), ont reculé au profit d’un 100 % syrah dans la plupart des exploitations. En cause : le manque de blanc pour satisfaire la demande. Pour les blancs, la marsanne et la roussane arbitrent les assemblages.  Le rendement moyen s’affiche à 33 hl/ha pour une production de plus de  40 000 hl dont 12 % commercialisés à l’international.
Chavanay, l’une des rares communes à décliner deux appellations (viognier et saint-joseph), arrive dans le tiercé de tête des terroirs de l’AOC qui s’étend sur 1 200 ha répartis sur 26 communes et deux départements (Loire et Ardèche). Un bon point de rendez-vous pour découvrir la fin des millésimes 2013 et les premiers 2014, pour les rouges, les 2014 pour les blancs. « Avec une belle maturité, de la fraîcheur et de la richesse,  le millésime blanc 2014 est spectaculaire, se réjouit Joël Durand. Le rouge rappelle le cru 2012, moins structuré, mais plus exubérant, plus accessible .» Il peut constituer une alternative au 2013 qui s’est un peu refermé et que les amateurs seraient bien inspirés de conserver encore quelques années. Et le 2015 ? " Il a tout d’un grand. Une bête de puissance et de générosité. Mais il faudra être patient, le temps de calmer ses ardeurs. Lorsque vous l’achèterez l’année prochaine, pourquoi pas au 93e marché  de Chavanay, ne commettez pas l’erreur de le boire tout de suite. Il faut attendre qu’il se mette en scène. »

 



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