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Merial passe sous pavillon allemand

le - - Entreprise de la semaine

Merial passe sous pavillon allemand
D.R.

Le rapprochement entre Merial et Boehringer Ingelheim donne naissance au numéro 2 mondial de la santé animale. Le groupe, qui affiche de sérieuses ambitions dans la prévention des maladies, maintient des positions fortes dans l'agglomération lyonnaise.

Après plus d’un an de négociations, le groupe Sanofi a échangé son activité « Santé animale » contre l’activité « Santé grand public » du groupe allemand Boehringer Ingelheim. Cette alliance entre Merial et Boehringer Ingelheim s’annonce prometteuse grâce à la complémentarité et la vision commune du marché des deux acteurs. Avec cette opération, le nom de Merial est voué à disparaître, mais les implantations en région lyonnaise occupent une place majeure dans la nouvelle organisation et les ambitions du groupe (lire ci-dessous).
« La famille Boehringer voulait préparer l’entreprise pour la prochaine génération. Merial est leader mondial sur le marché des animaux de compagnie alors que nous sommes plus présents sur le marché des animaux d’élevage. Notre fusion faisait sens », explique Joachim Hasenmaier, directeur de la division « Santé animale » de Boehringer Ingelheim. L’entreprise familiale allemande, créée en 1885, a donc absorbé Merial, réalisant ainsi sa première croissance externe d’ampleur. Car Merial pèse près du double de Boehringer Ingelheim : 2,5 Md€ de ventes nettes en 2015 et 6 900 salariés, contre 1,3 Md€ de ventes nettes et 3 950 salariés pour la division « Santé animale » de l’Allemand. Avec des ventes nettes estimées à 3,8 Md€ et plus de 10 000 collaborateurs, le nouvel ensemble se hisse au deuxième rang mondial de la santé animale. Boehringer Ingelheim défend ainsi les couleurs européennes en s’intercalant entre les géants Zoetis (qui occupe la première marche), Merck et Lilly (3e et 4e places).
Boehringer Ingelheim entend miser sur une stratégie de prévention par le développement de vaccins, d’anti-parasitaires, d’outils de diagnostic et de probiotiques. « Nous pensons que les opportunités se trouvent sur ces marchés. Le bien-être des animaux et la sécurité alimentaire sont au cœur des préoccupations actuelles. La tendance n’est donc pas à une utilisation massive d’antibiotiques », analyse Joachim Hasenmaier. Pour renforcer ses positions comme leader mondial des produits de prévention des maladies, Boehringer Ingelheim parie sur l’innovation. Les 13 sites de R&D de Merial devraient jouer un rôle essentiel.

Eric Lambert, Secrétaire général de Merial.
« 125 M€ investis dans les centres opérationnels de la région lyonnaise »

Quelle est la place des anciennes entités françaises de Merial dans la nouvelle organisation ?
Le siège de BI Santé animale est situé à Ingelheim en Allemagne, mais les implantations françaises de Merial, principalement en région lyonnaise, restent primordiales dans l’organisation. Nous avons 6 sites et plus de 1 700 salariés en Rhône-Alpes (Lyon, Lentilly et Saint-Vulbas). Le chiffre d’affaires 2015 généré depuis la France dépasse 1 Md€.

Y-a-t-il des gages au maintien des activités dans la région ?
Un plan d’investissement ambitieux est mené sur tous les sites. Sur le site de Lyon Porte des Alpes, un nouveau bâtiment de R&D de 14 500 m2 est en construction. Il représente 70 M€ d’investissement. Sur ce site, nous injectons également 40 M€ dans l’installation de biogénérateurs et 15 M€ pour des unités de production de vaccins effervescents. Sur le centre de stockage de Lentilly, 15 M€ vont permettre de doubler la capacité de mise sous forme pharmaceutique. Et au cœur du biodistrict de Gerland, ce sont 800 collaborateurs qui emménageront, d’ici cet été, dans un nouveau bâtiment. Sans oublier les 125 postes en création pour renforcer les fonctions support.

Merial disparaît, mais ses activités restent donc bien ancrées à Lyon ?
La métropole lyonnaise abrite des centres opérationnels clés : trois des cinq sites de production (Lyon Porte des Alpes, Lyon Gerland, Lentilly, Toulouse et Saint-Herblon) et deux sites de R&D (Lyon Gerland et Saint-Vulbas). Et les investissements en cours dans la région se chiffrent à 125 M€.




Severine RENARD
Journaliste

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