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Musée des Confluences : objet muséal clairement identifié

le 27 septembre 2017 - Julien THIBERT - Collectivités

Musée des Confluences : objet muséal clairement identifié
©Henri Granjean - Hélène Lafont-Couturier

Après trois ans d'exploitation, et un démarrage compliqué, le Musée des Confluences s'est inscrit dans le paysage culturel régional et national. En phase avec son temps, le site muséal lyonnais propose une offre de collection riche et diversifié, tout en déployant une gestion au cordeau. Un modèle du genre que nous dévoile sa directrice Hélène Lafont-Couturier.

Le Musée des Confluences se distingue par une très grande diversité de collections. Quelle en est l’origine ?
Ce qui a présidé à cette richesse est l’interdisciplinarité et la mixité des collections héritées du Museum d’histoire naturelle, du Musée Guillemet et des Œuvres de Propagation de la Foi. Je dois avouer qu’il n’a pas été aisé de construire cette offre multiple en mettant autour de la table des astrophysiciens, des anthropologues ou des philosophes ! L’unicité des points de vue n’était donc pas évidente et notre approche plurielle a suscité beaucoup d’interrogation, d’autant plus avec cette statistique de départ : un visiteur sur trois n’a jamais poussé les portes d’un musée. Le défi était de taille.

Comment pourriez-vous définir la fonction de ce musée finalement si singulier ?
Il s’agit d’un lieu à vivre, c’est à dire ouvert au plus grand nombre. Pendant longtemps, le musée a été considéré comme une institution dans laquelle on n’osait entrer, cela, les gens ne s’y sentant pas forcément à leur place. Il y avait une certaine distance avec les œuvres proposées. Au musée des Confluences, on peut toucher certains objets ! Cette diversité de collections a aussi été voulue Michel Cottet, ancien directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Lyon qui a souhaité que le visiteur se délecte tout en étant subjuguer, autrement dit proposer une offre muséale qui soit compris par le public en y intégrant des œuvres de références qui constituent un contenu qualitatif, je pense particulièrement à Venenum et Hugo Pratt. Nous proposons ainsi des scénographies immersives nourries par des récits.

Quel est le modèle économique associé ?
Nous sommes en phase de réflexion pour en formaliser. Les trois premières années ont servi à rattraper le temps perdu, en raison du retard pris sur la livraison du bâtiment. L’équipe a été sollicité pleinement durant cette période d’autant plus que nos effectifs sont moindre (94 salariés) si on le compare par exemple au Mucem à Marseille qui en compte 140. En revanche nous avons enregistré 767 000 visiteurs en 2016 contre 590 000 pour le site phocéen. Ce qui nous place en 12e position au niveau de la fréquentation, soit le premier musée de France hors région parisienne en 2016.
Plusieurs pistes sont à l’études comme le développement mécénat d’entreprise, l’activité de conseil au service des partenaires du musée (NDRL : formation, accompagnement, transmission du savoir-faire au bénéfice des institutions) ou encore l’activité « séminaires ».
L’enjeu est bien entendu de maintenir un niveau de visitorat haut pour garantir la pérennité de notre fonctionnement. Cela passe bien sûr par une bonne structuration en interne (accueil des visiteurs, renouvellement des expositions, diversité des collections, …) mais également par une mobilisation à l’extérieur, auprès des hôpitaux et aussi en milieu carcéral

Vous avez récemment participé à des conférences à l’étranger, est-ce pour vendre l’expertise du musée ?
Pas forcément, concernant nos échanges avec l’Ethiopie par exemple il s’agit plutôt d’un engagement solidaire pour accompagner le développement du Musée des Origines d’Addis-Abeba. Mon déplacement à Téhéran a consisté en une présentation de l’histoire et du projet scientifique du Musée des Confluences au Musée national d’Iran  (NDLR : Ce déplacement a donné naissance à un projet d’accord entre les deux institutions et une exposition conjointe en 2019, qui sera présentée en Iran et en France). Le lien entre Lyon et Téhéran est aussi présent à travers une collection du musée dont Joseph-Désiré Tholozan est à l’origine, lui qui fût le médecin personne du Shah d’Iran à partir de 1858.

Un statut particulier pour un musée singulier

Avec un budget de fonctionnement de 19 M€, le Musée des Confluences se distingue par rapport à d’autres sites culturels comparables comme le Mucem (25 M€, 590 000 visiteurs) et le Musée du Quai Branly (53 M€, 1,2 millions de visiteurs). Il ne peut pas être comparé aux musées municipaux dit « en régie » dont la plupart des frais sont dissous au sein des services territoriaux. Le statut d’EPC-CI Etablissement public de coopération culturelle (EPC-CI) procure un caractère juridique indépendant à l’établissement, ce qui lui fait assumer la totalité des dépenses de fonctionnement comme la maintenance du bâtiment (fluides, sécurité, réparations, nettoyages…), l’intégralité des frais juridiques et administratifs (gestion financière des projets, des ressources humaines, marchés, commandes, assurances, impôts) ou les systèmes d’information et de communication (informatiques, téléphonie, réseaux…).





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