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Myriam Picot : « Rendre l'offre culturelle encore plus belle »

le 12 août 2017 - Julien Thibert - Economie

Myriam Picot : « Rendre l'offre culturelle encore plus belle »
Métropole de Lyon - Myriam Picot

Vice-présidente en charge de la Culture à la métropole de Lyon, la maire du 7e arrondissement, Myriam Picot, fait part des ambitions métropolitaines en matière de coordination et de lisibilité de l'offre culturelle pléthorique sur le territoire.

Est-ce que la culture, à travers l’offre métropolitaine, parvient à émerger dans le conscient des élus et de l’exécutif ?
Le déclic a déjà eu lieu lors des grandes étapes de la décentralisation culturelle sous les ministères de Malraux puis de Jack Lang, qui ont mis la culture au cœur de la politique et qui ont favorisé la construction d’équipements culturels pour toutes les communes, y compris les plus petites. On a aujourd’hui un très grand nombre d’équipements culturels au sein de la Métropole (bibliothèques, écoles de musique, théâtres, musées…). Il y a aussi sur notre territoire de fortes polarités artistiques en art contemporain (avec la Biennale d’art contemporain, le MacLyon, l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne) ou en danse (avec la Biennale et la Maison de la Danse, le CCN de Rillieux-la-Pape, le ballet de l’Opéra, Pôle Pik à Bron, Ramdam à Sainte-Foy-lès-Lyon).
Quelles sont les missions dont vous avez la compétence ?
Nous avons les Archives, qui sont un service commun du Département et de la Métropole, financé par cette dernière au prorata de la population (soit 75 %), mais aussi les enseignements artistiques avec un Schéma métropolitain (coordination de l’offre et de l’action de toutes les écoles de musique, théâtre, danse, etc.) qui concerne 75 écoles de musique, danse et théâtre sur le territoire. Nous avons fait un état des lieux (offre, statut, enseignants, direction) très précis de l’offre sur le territoire et avons rencontré l’ensemble des maires pour qu’ils nous fassent part de leurs attentes.
Suite à cette tournée, qu’avez-vous ressenti face aux attentes des maires ?
Ils sont conscients des enjeux en termes de lien social que portent les écoles de musique et les bibliothèques. Ils ont été satisfaits des diagnostics que nous avons réalisés et partagés avec eux. Chaque maire a pu disposer de l’état des lieux de sa commune et le comparer avec l’existant aux alentours. Ils souhaitent que la Métropole les aide, pas seulement sous forme de subventions, mais aussi en matière d’ingénierie notamment pour enrichir l’offre aux usagers.
Un mot sur le budget métropolitain de la culture ?
Il est d’environ 35 M€. A l’instar des autres politiques publiques, la baisse des dotations de l’État aux collectivités nous contraint à diminuer notre budget depuis 2015. Tout l’enjeu est de parvenir dans ce contexte à réussir à impulser de nouvelles dynamiques sans mettre en difficulté les projets existants qui fonctionnent bien.
Que permet la mutualisation induite par l’échelon métropolitain ?
D’avoir une plus belle offre culturelle. Je prends par exemple la lecture publique. La bibliothèque est le premier lieu d’accès à la culture pour tous. Tous les publics se croisent. Ce sont de véritables lieux de vie (offre de films, de musique, de rencontres, de jeux vidéo, etc.). Elle permet également une offre de formation pour les bibliothécaires pour parfaire leurs compétences. De même, nous allons faire en sorte que les bibliothèques du territoire puissent bénéficier des potentialités offertes par les grands événements littéraires (Fête du Livre de Bron, Quais du Polar, Lyon BD, Assises internationales du roman), notamment par l’élargissement des rencontres avec les auteurs.
Est-ce que dans la logique de réduction des coûts, le partenariat public/privé fonctionne pour les équipements ?
Le développement du mécénat, et plus généralement du partenariat avec les entreprises, est l’un des enjeux forts pour permettre le développement de l’offre. Plusieurs établissements et événements ont déjà un réel savoir-faire en ce domaine.
Lorsque vous observez l’offre des autres villes européennes, est-ce qu’il y a des concepts de spectacles, des artistes qui vous plaisent ou vous inspirent pour l’offre métropolitaine ?
Ce n’est pas tant au niveau des grands artistes que nous devons nous inspirer car entre les Nuits de Fourvière et le Grand Stade, l’offre est très diversifiée et alléchante. C’est plutôt au niveau de l’art dans la ville que nous devons faire un effort. Nous avons par exemple choisi des artistes au Carré de Soie pour accompagner la transformation du quartier et lui donner du sens pour ceux qui l’habitent et là aussi nous pouvons faire du partenariat public/privé. Nous avons encore beaucoup à œuvrer dans le domaine des arts numériques également. Je pense aussi à l’archéologie car nous travaillons au nouveau projet du Musée gallo-romain et planchons sur une meilleure identification dans la ville. Au-delà du seul musée, c’est toute la richesse archéologique du territoire que nous souhaitons valoriser : les visiteurs américains, notamment, sont très intéressés par cet aspect-là de notre ville, de notre histoire.



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