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Novadiscovery développe la médecine prédictive

le - - Entreprise de la semaine

Novadiscovery développe la médecine prédictive
JM Huron

La start-up lyonnaise propose une plateforme technologie, à la frontière des mathématiques, de l'informatique et de la biologie, pour aider le secteur pharmaceutique dans la mise au point de nouveaux médicaments.

« L’industrie pharmaceutique investit environ 18 % de son chiffre d’affaires en R&D, un effort bien supérieur à l’aéronautique qui arrive en deuxième position avec 6 %. Pourtant, ce secteur est le seul à ne pas s’être tourné vers la modélisation mathématique et la simulation numérique », expose François-Henri Boissel, Pdg de Novadiscovery. Cette start-up lyonnaise fait partie des rares acteurs mondiaux à proposer une offre dans ce domaine promis à un fort développement.


Ex-financier chez Lehman Brothers à Londres et à Tokyo, François-Henri Boissel s’est associé à son père Jean-Pierre, ancien professeur de pharmacologie clinique à l’Université Claude Bernard Lyon 1 et responsable scientifique à l'Inserm de la recherche thérapeutique, pour créer Novadiscovery en 2010. En compilant et en modélisant dans le langage universel des mathématiques, l’énorme somme de connaissances accumulées depuis 70 ans, l’entreprise permet aux groupes pharmaceutiques et aux biotechs de mieux « prédire » l’efficacité de nouveaux médicaments. « Les chercheurs sous-estiment les connaissances disponibles dans la littérature scientifique : 24 millions d’articles médicaux ! Nous proposons d’organiser et de cartographier ces données avec une lecture critique. Grâce aux modèles mathématiques et à la simulation par ordinateur, nous sommes aussi capables de mieux appréhender la complexité des systèmes biologiques. Notre plateforme de modélisation et de simulation informatiques permet donc d’évaluer l’efficacité des traitements », confirme François-Henri Boissel.

D’abord frileux vis-à-vis de ces nouvelles approches, le secteur pharmaceutique semble de plus en plus réceptif. « Le développement d’un médicament est très risqué. Entre le lancement d’un programme de recherche et l’autorisation de mise sur le marché du médicament, il s’écoule de 10 à 15 ans. C’est un processus long et avec une probabilité de réussite très faible. Sur 10 000 molécules, une seule va aboutir et les échecs sont toujours identifiés tardivement », explique le Pdg. Novadiscovery propose ainsi de réduire les risques et de gagner du temps et de l’argent. Cette médecine prédictive in silico, c’est-à-dire à bases de calculs et de modèles informatiques, simplifie bon nombre d’étapes de mise au point d’un médicament. « Les tests in silico permettent de tester une infinité de doses pour déterminer la dose optimale. Novadiscovery ne se substitue pas aux approches in vitro et in vivo, mais rationalise les choix et les décisions », affirme François-Henri Boissel.

Pour chaque client et chaque projet, l’entreprise développe un modèle spécifique de construction et de simulation. Ce travail peut prendre entre 3 et 18 mois. Novadiscovery, qui ne peut pas révéler le nom de ses clients, reconnaît que son offre est encore plus utile aux biotechs qui n’ont pas la solidité financière des grands laboratoires. « Le cancer, les maladies infectieuses et les maladies cardio-vasculaires sont les sujets sur lesquels nous travaillons », fait savoir le Pdg.

François-Henri Boissel : « Une place de leader mondial à prendre »

Comment se porte aujourd’hui l’activité de Novadiscovery ?
Nous sommes arrivés très tôt sur le marché de la modélisation et simulation informatiques, presque trop tôt. Mais ça nous a laissé le temps de mûrir notre plateforme et de convaincre les acteurs. Cette année, nous travaillons sur 4 projets et notre chiffre d’affaires devrait être multiplié par cinq. L’an dernier, nous avons enregistré plus de 200 000 € de chiffre d’affaires. Début 2017, nous avons emménagé dans de nouveaux locaux, place Verrazzano dans le 9e arrondissement ; nous étions auparavant implantés dans le Bioparc Rockefeller. Nos effectifs devraient s’étoffer pour arriver à 20 personnes en fin d’année, contre une équipe de 15 collaborateurs aujourd’hui. Ce sont de vrais moutons à cinq pattes : des ingénieurs avec une spécialisation en biologie et une sensibilité au développement informatique.

L’international fait-il partie de votre feuille de route ?
Sur notre marché, c’est un passage obligé. Nous n’avons qu’une poignée de concurrents, de taille similaire, tous installés aux Etats-Unis. Une présence dans ce pays fait partie des projets et pourrait se traduire d’abord par une implantation commerciale. Nous étudions de près la région de Boston. Je pense que nous avons vraiment la possibilité de prendre une place de leader mondial.




Severine RENARD
Journaliste

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