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Réfugiés : « Leur fragilité est un appel à la responsabilité »

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Réfugiés : « Leur fragilité est un appel à la responsabilité »

Habitat et Humanisme a participé à l'accueil des migrants à Lyon lors du démantèlement de la « jungle » de Calais. Son président Bernard Devert évoque la mobilisation portée par l'élan du cœur des bénévoles et riverains.

Comment a réagi Habitat et Humanisme à l’arrivée des nombreux réfugiés ?

La mission d’Habitat et Humanisme est d’offrir une hospitalité à ceux qui n’en disposent pas. Leur fragilité est un appel à la responsabilité. Nous avons ainsi ouvert plusieurs sites pour les accueillir. Le premier se situe à Bonnelles dans les Yvelines. A Lyon, près de cent réfugiés ou demandeurs d’asiles sont arrivés. Leur accueil a été organisé en étroite collaboration avec les services de l’Etat.

Plus de cinquante personnes ont été réparties dans des immeubles d’Habitat et Humanisme du 3e arrondissement et de Saint-Fons, et dans une ancienne clinique de Vénissieux.

 Quels ont été les moyens mis en œuvre pour les accueillir ?

 La mobilisation des bénévoles et des riverains a été spontanée. Ils n’ont pas hésité à donner de leur temps pour accompagner ces gens, notamment dans l’apprentissage de la langue française.

Contrairement à ce que l’on entend, l’accueil des réfugiés n’a pas été vécu comme une charge mais comme une ouverture. Le regard de la peur et de l’incompréhension a été balayé par celui de l’attention envers ces personnes qui ont connu une telle hostilité dans leur pays. Il apparaissait juste, humainement, de pouvoir leur offrir une hospitalité.

 Où en est la situation aujourd’hui ?

 C’est vraiment un travail sur la durée, avec un engagement qui marque une vraie responsabilité. Notre société, souvent présentée comme accablée par une fièvre sociétale, a des ressorts pour rebondir et pour prendre soin des êtres fragiles. Cela se fait avec enthousiasme, avec joie. Nous voulons essayer de tous les réunir le soir de Noël.

La plupart des réfugiés accueillis sont des hommes seuls qui ont quitté les portes de l’enfer pour rester en vie. Ils ont une soif de vivre avec un avenir actuellement bouché. Ils sont dans l’attente.




Agnès GIRAUD-PASSOT
Journaliste

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