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Projet culturel : Tenue de camouflage

le 03 novembre 2016 - Jean-Philippe PIERRAT - Evasion / Tourisme

Projet culturel  : Tenue de camouflage
Kwad Design - Le vieux navire va devenir un lieu culturel atypique et moderne

Le designer Antoine Damery est en train de transformer, à Marseille, un vieux bateau-phare en un lieu culturel qui viendra s'ancrer à Lyon. Bienvenue à bord !

Lorsqu’il aura enfin revêtu sa tenue de camouflage rouge et grise, il sera difficile de reconnaître le vieux bateau-phare rouillé, actuellement amarré au poste 111, le long de la digue du Large, dans le port de la Joliette, à Marseille.

En plein travaux, ce navire des années 30 de 134 pieds de long, baptisé Razzle - de « Razzle Dazzle » désignant la peinture de camouflage utilisée au XXe siècle pour les navires de guerre - et dont on s’attendrait presque à voir surgir sur la coupée le capitaine Haddock, doit en effet muer d’ici à la fin de l’année en « un lieu d’échanges atypique, principalement dédié aux musiques contemporaines ». Un bâtiment phare destiné aux quais de la ville de Lyon, comme l’explique encore Antoine Damery, qui s’est vu confier la maîtrise d’œuvre de cette transformation.

Designer industriel de métier et ingénieur de formation, ce dernier - avant de créer et diriger le studio parisien Kwad Design, agence de conception pluridisciplinaire composée d’architectes et de designers - a longtemps travaillé au sein d’un grand cabinet d’architecture de Melbourne, en Australie. C’est là notamment qu’il a appris, comme il le raconte lui-même, à surfer à la confluence des genres : urbanisme, architecture, architecture intérieure et design.

« J’aime naviguer dans les milieux de la conception et dans le champ des différents métiers, confie Antoine Damery. L’approche reste la même, le principe de conception aussi. Un processus centré autour de l’utilisateur et mêlant style, ergonomie et technique. Mon expérience dans le design auto et transport m’aide aussi dans des environnements aussi complexes que les bateaux où il est nécessaire de raisonner en 3D », ajoute-t-il, à propos de ce projet classé pour sa réglementation comme établissement flottant de 1 000 m2 et qu’il considère pour sa part comme « hybride », à l’image de l’activité de son agence en général.

 Un phare dans la nuit lyonnaise

 En l’occurrence, il s’agissait avant tout de créer « un  lieu de vie », rappelle le designer, qui, pour sa nouvelle identité, réinterprète le thème du Razzle servant de fil rouge et que l’on retrouvera très largement décliné, à l’extérieur, sur la coque, l’armature, comme à intérieur. Le concepteur a veillé en même temps à ce que l’héritage et en particulier les rouages de ce navire industriel, qui faisait office de phare là où on le positionnait, soient au maximum préservés. En plutôt bon état, l’accastillage* sera plus particulièrement conservé. Autant d’éléments structurels qui contrasteront avec l’habillage en bois et les matériaux plus chics du nouvel agencement, indique également celui qui a dessiné les futurs atours du bâtiment reconfiguré.

La salle de concert prévue se retrouvera sous le pont avant en fond de cale, le restaurant (et la cuisine) au niveau du pont principal, le bar sur le pont arrière et l’espace événementiel au-dessus. Ici, une écoutille, qui sert d’assise le jour, se transforme en accès au club le soir. Là, sur le pont événementiel, c’est l’héliport qui est détourné de son usage. En complément, des aménagements sont également prévus à terre. Une fois son réarmement achevé, en fin d’année, l’ex-bateau-phare devra alors gagner son nouveau port d’attache à Lyon pour briller à nouveau.      

* Ensemble des accessoires qui, sur un voilier, servent au réglage du gréement et à la manœuvre des voiles.

Du même auteur 

« Agence de design transverse », comme aime à la présenter son directeur de création, Kwad Design studio (Paris) couvre un champ d’intervention très large qui va du stand de salon et de l’espace événementiel à des planifications urbaines bien plus étendues, du véhicule tout-terrain à la station-service en passant donc par des reconversions insolites (bateau-phare) ou des propositions architecturales plus traditionnelles (bureaux, commerces, stades…). Elle travaille également en ce moment à l’animation des quais de l’I-Boat bordelais. 

Equipage à tous les étages

 Le maître d’ouvrage du projet, le groupe Batofar, gère et exploite déjà deux navires du même tonneau, le Batofar à Paris et l’I-boat à Bordeaux. A Marseille, c’est ArtStock, association spécialisée dans le recyclage de décors de théâtre, qui se charge des travaux de transformation. L’ouverture du nouvel établissement à Lyon est programmée pour janvier prochain. L’artiste marseillaise installée à Paris, Dag Insky, a été plus particulièrement chargée de la réalisation du camouflage peint. 



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