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Sébastien Gay : « Les PME françaises négligent trop les financements européens »

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Sébastien Gay : « Les PME françaises négligent trop les financements européens »
Photo DR - Sébastien Gay,, Agence Régionale de Développement Économique Auvergne-Rhône-Alpes Entreprise

Jeudi 22 mars, à l'occasion d'une journée d'information, organisée dans le cadre du réseau Entreprise Europe Network, le Responsable du Bureau Europe à l'Agence Régionale de Développement Économique Auvergne-Rhône-Alpes Entreprise a présenté trois programmes destinés aux PME en quête d'internationalisation.

Quel est le rôle de l'Agence Régionale de Développement Économique Auvergne-Rhône-Alpes Entreprise ?

Nous sommes en charge de l'information des PME sur les opportunités de financement de la Commission Européenne et de l'accompagnement de celles qui souhaitent se positionner sur certains programmes. Nous constatons qu'il y a une réelle méconnaissance de ces programmes chez beaucoup de dirigeants de PME. Quant à ceux qui en ont connaissance, ils témoignent une certaine réticence à solliciter ces financements.

Comment expliquez-vous cela ?

La complexité du montage des dossiers et la sélectivité des programmes sont incontestablement les deux premières raisons de cette réticence. Les taux de succès varient en effet entre 5 et 35 %, donc il faut bien se préparer en amont et être prêt à candidater plusieurs fois. Cependant, cette sélectivité est compensée par un taux de cofinancement très intéressant. D'autre part, il est clair que la concurrence des dispositifs régionaux et nationaux peut aussi décourager les PME de faire appel à ces financements européens. Les arbitrages en interne amènent ces entreprises à se concentrer sur les dossiers les plus simples à remplir, notamment parce qu'ils sont rédigés en français, alors que pour les programmes européens, les dossiers doivent être déposés en anglais.

Quels sont les programmes que vous avez présentés à l'occasion de cette journée ?

Nous avons présenté trois programmes. Instrument PME, tout d'abord, un programme très orienté business, plutôt conçu pour adresser les aspects de prototypes première commercialisation. Il s'agit de projets proches du marché et ces dossiers ont la particularité d'être individuels, ce qui séduit souvent les PME. Sur ce programme le taux de cofinancement est de 70 %.

Le deuxième programme s'appelle Fast Track to Innovation. Il s'adresse à des consortiums très industriels, mais un peu plus petits que pour les projets européens classiques. L'idée avec ce programme est d'adresser de manière très rapide, sur deux ans, des projets très proches du marché et de favoriser l'industrialisation et la mise sur le marché de nouvelles innovations.

Enfin le troisième, intitulé Eurostars, a l'avantage d'être un programme qui a un taux de succès plus élevé, parce qu'il y a un peu moins de candidature, mais aussi parce qu'on ne peut pas y aller tout seul. Il faut en effet être en collaboratif dès le départ, avec au minimum deux pays représentés dans le consortium. L'originalité de ce programme réside dans le fait qu'il est inter gouvernemental et que la Commission Européenne abonde dans le financement aux côtés des États membres. Ainsi le partenaire français d'un dossier sera financé par BPI.

Pour quelles raisons les PME devraient-elles, selon vous, se pencher attentivement sur ces programmes ?

Tout simplement parce qu'au-delà des bénéfices en termes de financement, ces programmes amènent des bénéfices en termes de réseaux, d'ouverture vers des nouveaux marchés, de visibilité… C'est une opportunité pour les entreprises qui veulent jouer la carte de l'internationalisation. Par ailleurs, les entreprises sélectionnées dans SM Instrument sont accompagnées par l'Agence tout au long du projet, car la Commission Européenne souhaite leur donner un certain nombre de jours de coaching, pour augmenter l'impact de ces projets. Les PME qui s'engagent dans ces programmes sont généralement des entreprises innovantes, plutôt engagées dans une logique de croissance et à haut potentiel de valeur ajoutée pour l'Europe. Pour qu'un dossier soit retenu, il faut de toute façon démontrer qu'il y a un enjeu européen fort, qu'il soit d'ordre sociétal, environnemental…




Jacques DONNAY
Journaliste

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