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Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

Sous-traitance industrielle : cap sur l'innovation

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Sous-traitance industrielle : cap sur l'innovation
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Auvergne-Rhône-Alpes n'est plus ni moins que la première région industrielle hexagonale, dotée de près de 50 000 établissements industriels (hors BTP). L'industrie génère plus de 18 % de la valeur ajoutée régionale contre moins de 14 % en France métropolitaine.

Fortes de ce constat et convaincues que la dynamique collective constitue un puissant levier de développement commercial, la Région et la CCI de région Auvergne-Rhône-Alpes, représentant le réseau des 13 CCI, ont apporté leur écot à Global Industrie, le plus grand événement industriel national.

Dans leur sillage, la Région et les CCI ont emmené une soixantaine d'entreprises d'Auvergne-Rhône-Alpes qui ont pu exposer, du 27 au 30 mars au Parc des Expositions Paris Nord Villepinte, sur le Midest, l'un des quatre salons de Global Industrie avec Industrie Paris (technologies de production), Smart Industries (Industrie du Futur) et Tolexpo (équipements pour la tôlerie). A travers cette démarche collective, l'écosystème industriel et toute la chaîne de valeur industrielle seront valorisés.

Avec 1 800 exposants et 40 000 visiteurs en moyenne chaque année, le Midest constitue un rendez-vous unique, qui permet aux fournisseurs de la région de valoriser leur savoir-faire technologique au niveau mondial.

Dans le sillage de la Semaine de l'industrie qui s'est tenue du 26 mars au 1er avril, notre rédaction a choisi de s'intéresser à une typologie spécifique d'entreprises, les sous-traitants, sur le volet de l'innovation.

PHILIPPE GUERAND : « UNE RÉGION FORTE GRÂCE À DES SOUS-TRAITANTS PERFORMANTS »

Président de la CCI de région Auvergne-Rhône-Alpes, Philippe Guerand se félicite du dynamisme de la filière industrielle, qui bénéficie d'une conjoncture enfin favorable. Une industrie surtout portée par le monde de la sous-traitance, qui a su se réinventer pour devenir un vecteur d'innovation. Enfin, le président Guerand se réjouit de voir l'implication d'un collectif régional composé des CCI, d'entreprises et de la Région, qui a été présent sur le salon Midest afin de témoigner de « la richesse industrielle d'Auvergne- Rhône-Alpes ».

Auvergne-Rhône-Alpes se présente comme la première région industrielle de France. Quels secteurs permettent de conserver ce leadership ?

La région, qui compte 50 000 établissements industriels, bénéficie d'un portefeuille d'activités diversifié - avec notamment des industries de biens intermédiaires et d'équipement fortement représentées - et largement tourné vers l'export.

L'industrie régionale présente de nombreux points forts dans les activités de pointe : machines, numérique, composants électroniques, énergie, pharmacie et technologies médicales, décolletage, caoutchouc/ pneumatiques, plasturgie, éco-technologies… L'industrie génère plus de 18 % de la valeur ajoutée en Auvergne- Rhône-Alpes, contre moins de 14 % en France.

Sur un plan conjoncturel et en dépit d'une concurrence toujours plus agressive, les signaux économiques sont repassés au vert…

En effet. Dans la région, une TPE-PME sur deux a enregistré une hausse de son chiffre d'affaires l'année dernière. C'est l'un des nombreux résultats de notre panel de conjoncture, réalisé en janvier (tous les indicateurs : www.auvergne-rhone-alpes. cci.fr). Au sein de l'industrie, plus d'une entreprise sur cinq a vu son chiffre d'affaires croître de plus de 10 %.

L'industrie bénéficie aussi de la mutation du monde de la sous-traitance. Dans quelle mesure ce monde a-t-il évolué ?

La performance de notre région repose pour une grande partie sur la valeur de ses sous-traitants. Ceux-ci sont présents sur tous les marchés, dans des bassins dédiés de niveau mondial mais aussi dans tous les territoires.

Les sous-traitants ont longtemps vendu des « capacités machines ». Aujourd'hui nombre d'entre eux se positionnent également en vecteurs d'innovation pour les leaders industriels, participant activement et très en amont à l'innovation et la personnalisation des produits. Dans bien des cas, leur apport est stratégique et à haute valeur ajoutée, même s'il reste encore trop souvent peu mis en lumière.

Notre tissu industriel doit aujourd'hui accomplir sa mutation, et les sous-traitants sont des rouages incontournables de ce renouveau. Ces dernières années, plusieurs d'entre eux ont osé faire des paris d'avenir, audacieux et payants : celui de la digitalisation, de l'ouverture à l'international, de la diversification… Tout en perfectionnant leurs procédés industriels, et en améliorant leurs cadences de production.

La CCI de région et les CCI territoriales iront au Midest sous une bannière commune. Quel est l'intérêt de ce collectif régional ? Est-ce indispensable de se montrer sur ce salon ?

Partout dans les territoires, les CCI sont des partenaires quotidiens des sous-traitants industriels. Il est donc naturel que nous soyons aussi à leurs côtés dans des lieux de conquête comme le Midest.

Pour la première fois, les CCI d'Auvergne-Rhône-Alpes participent à ce salon en animant un collectif régional, grâce au soutien de la Région, et via l'organisation de la CCI Haute-Savoie. Avec une soixantaine d'entreprises, nous serons l'un des plus gros collectifs régionaux sur le salon ! L'objectif est de témoigner de la richesse industrielle d'Auvergne- Rhône-Alpes, mais aussi de permettre à nos PME de faire des affaires, tout en les dégageant des contraintes d'organisation. Enfin, nous espérons susciter au sein de ce collectif la création d'échanges, voire de synergies.

Le Midest prend cette année un nouveau départ, au sein de Global Industrie. Nous avons pris la mesure de l'événement et nous avons tenu à être présents.

Au sein de Global Industrie, on retrouve un autre salon, Smart Industries, dédié à l'industrie du futur. Quel est l'impact de la digitalisation ?

La transition numérique est l'une des clés du renouveau industriel. Mais cet enjeu vital n'est pas toujours assez intégré. Nous avons encore à démystifier l'Industrie du futur, à informer et sensibiliser les entreprises à ce sujet.

Notre réseau porte le sujet de cette acculturation. Les CCI proposent ainsi les programmes « Ambition PME », qui sont financés par la Région Auvergne-Rhône- Alpes. Avec leurs volets performance industrielle, numérique, innovation, ils ont déjà permis à de nombreuses entreprises de faire leurs premiers pas vers la réalité virtuelle, l'impression 3D, la numérisation de leurs process ou de leurs relations clients.

Enfin, l'accompagnement des CCI passe aussi par une offre de formation initiale et continue, afin de favoriser l'émergence de compétences métier.

C'est ainsi, par l'information, l'orientation et le conseil, que nous assurons notre rôle de soutien à l'industrie régionale.

Déco Découp (Haute-Savoie) : « L'INNOVATION, C'EST LA RÉACTIVITÉ ! »

​L'affaire familiale, créée en 1946 et reprise par René Costafrolaz, l'un des descendants des fondateurs, mise sur l'innovation, qui permet une forte réactivité de la productivité face aux exigences des donneurs d'ordre.

Pour une commande au jour le jour, toute la chaîne de production se met en marche

« Il n'y a que pour le secteur de l ‘automobile que nous ne travaillons pas », explique Nathalie Hong, attachée de direction de Déco Découp. En effet, spécialiste des petites et moyennes séries d'usinage de précision, Déco Découp travaille aussi bien pour l'aéronautique, l'électroménager, le ferroviaire… sur des produits comme des vannes thermostatiques, des raccords, des électrovannes, de la connectique. L'entreprise haut-savoyarde place l'innovation sur les process de fabrication robotisés, avec trois cabines équipées de robots adaptables, ce qui n'est pas courant pour une petite entreprise (17 salariés). A Cluses, Déco Découp se trouve au coeur de la vallée de l'Arve, ce qui est un atout, dans un secteur géographique bien pourvu en entreprises industrielles.

Déco Découp fait la différence dans la réactivité, sous le vocable Docteur Déco. « Un client peut avoir une rupture de stock, s'apercevoir d'une erreur de commande, nous sommes réactifs dans la journée », poursuit Mme Hong. « Grâce à une procédure en interne, toutes les personnes de la chaîne lâchent tout pour satisfaire la commande en express. Depuis deux ans, nous avons dédié une machine qui tourne pas ou peu, et qui peut être utilisée à tout moment ».

Dans le même esprit de réactivité et pour faire face aux demandes des donneurs d'ordres dans les meilleures conditions, Déco Découp réfléchit à la mise en place, à moyen terme, de partenariats avec des entreprises en mécanique, plasturgie, assemblage… « Et ainsi nous pouvons continuer à travailler en direct avec les donneurs d'ordres aéronautiques notamment, qui recherchent de plus en plus des sous-ensembles. En effet, les grandes entreprises se mettent à prendre des intermédiaires pour passer commandes, ce qui peut nous pénaliser… », conclut Mme Hong.

Enfin, l'entreprise s'apprête à installer une centrale de récupération des brouillards d'huile de l'atelier.

Groupe SAB (Loire) : « UN COUP D'AVANCE PAR L'INNOVATION »

Spécialisé en fonderie et usinage, le sous-traitant ligérien mise gros sur l'innovation dans ses équipements de production, de contrôle et la chaîne numérique. Un gage absolu de compétitivité.

SAB vient d'acquérir un matériel de tomographie, permettant de scanner et d'analyser la qualité de matière de la pièce, une rareté chez un sous-traitant

Pour le groupe SAB, l'innovation est une seconde nature. Spécialisée en fonderie aluminium et usinage, cette société, dont le siège est situé à Belmont-de-la-Loire, travaille en sous-traitance pour l'automobile et l'industrie. Avec 7 unités et 750 salariés, elle n'hésite pas à faire preuve d'audace dans ses choix. Dernier exemple en date : l'achat d'un appareil de tomographie, lui permettant de maîtriser ses processus de fabrication. Il s'agit d'un scanner 3D de dernière génération, capable d'analyser la géométrie et la santé matière du produit sans destruction.

« On trouve cet équipement chez les constructeurs autos mais pas chez les sous-traitants », note Philippe Collange, directeur commercial du groupe. « Cela nous donne le coup d'avance pour défendre nos intérêts. Nos process industriels doivent rester compétitifs sur des produits très techniques. On cherche à sortir des zones de confort ».

La volonté de garder la maîtrise de la chaîne complète de fabrication est une autre source d'innovation. Jean Grosselin, le fondateur du groupe SAB, avait déjà oeuvré dans ce sens en rassemblant fonderie et usinage sous le même toit. « Etre autonome est un vecteur de compétitivité, de flexibilité et de réactivité. Les marchés en ont besoin. Ceux qui tirent leur épingle sont ceux qui savent réagir », ajoute Philippe Collange.

Les équipements de contrôle et les contraintes de sécurité, qui « protègent les hommes », sont aussi mentionnés, tout comme le pôle robotique autonome, aidant à répondre aux besoins de production, de la petite à la grande série. L'innovation est soutenue aussi par une politique d'investissement élevée : 12 à 15 M€ par an sur un chiffre d'affaires de 100 M€. « Cette politique nous permet de supporter notre développement sur des pièces hautement techniques ».

En 2017, SAB a racheté Serthelon, un ancien fournisseur, pour compléter sa palette, maîtriser la chaîne numérique et créer un centre R&D. De quoi innover « sans avoir la pression du temps et de la production », selon P. Collange. Enfin, le souci de l'innovation conduit SAB à une approche soutenue avec les filières de formation, pour être « la rampe de lancement des futurs ingénieurs ».

Allier : le Groupe Métis mise sur l'innovation de services

Robotique, automatisme et mécatronique sont les domaines hautement technologiques dans lesquels le groupe Métis intervient. Mais sa force réside dans l'innovation de services, sa capacité à proposer des solutions adaptées aux besoins de ses clients.

« Ce ne sont pas les plus forts qui survivent, ni les plus intelligents, mais ceux qui sont les plus rapides à s'adapter au changement ». Cette sentence de Charles Darwin, Jean-Claude Perot, président créateur du groupe Métis, la fait sienne : « Dans l'industrie, il faut sans cesse s'adapter, avoir la capacité à être agile, car les changements interviennent très vite ».

Une exigence de tous les instants pour un groupe qui intervient dans trois « pôles » : mécatronique, électricité et automatisme, robotique. Des « métiers » technologiques et donc innovants par nature. Cependant, le groupe Métis n'intervient pas dans l'innovation technologique : « Nous ne faisons pas de recherche pure. Pour la partie technologique proprement dite, nous travaillons avec des partenaires leaders en France, voire à l'international, avec lesquels nous avons, par exemple, effectué des prestations d'installation de machines robotisées en Chine et en Croatie ».

Le groupe présidé par J.-C. Perot mise en fait sur l'innovation de services, en développant des offres adaptées aux besoins de ses clients (aéronautique, nucléaire, pétrole, automobile et agroalimentaire) en termes de robotisation, d'intégration de solutions mécaniques et mécatroniques, d'automatisme… Avec toujours la réactivité et la souplesse qui lui ont permis, entre autres, de proposer « une innovation de marché : la location de machines robotisées. On fournit au client un équipement bien défini pour un temps déterminé. Nous avons effectué une première prestation de ce type en 2017, pour une durée de 12 mois ».

Avec sa participation au Midest 2018, Métis préparera la très attendue édition lyonnaise de Global Industrie, en 2019. « On grandit à travers les événements auxquels nous participons », estime J.-C. Perot. Et le groupe - 110 personnes aujourd'hui - a bien grandi : 4,5 M€ de CA en 2012, 11 M€ en 2017, entre 14 et 15 M€ attendus cette année, un objectif de 20 M€ en 2020. Le groupe, dont le siège est à Domérat dans l'Allier, regroupe 7 sociétés (ACC, ACCI, ACCI Tronçais, ACCI Creuse, ERAC, ACCI Robotique, VGL), six sites de production dans le Puy-de-Dôme, la Creuse, l'Allier et l'Indre.

SEGEPO GROUP (RHÔNE) : « DÉCOUVRIR ET TESTER »

OEuvrant dans le domaine du décolletage et de l'usinage du prototype à la grande série, le groupe Segepo poursuit son développement, fort d'un savoir-faire maîtrisé.

Créé dans les années 1960, Segepo Group est à l'origine une entreprise française, à ce jour, toujours gérée par des actionnaires privés. Le Groupe s'est développé via l'implantation de 4 sites en France, 1 en Pologne et 1 en Turquie. A Saint-Lager, dans le Rhône, il dispose d'un siège social, d'une unité de production spécialisée en décolletage et en usinage grandes séries pour l'industrie automobile et l'énergie des fluides principalement, d'un atelier de production de 4 500 m2. Dans l'Hexagone, il compte trois autres ateliers de production : à Châtillon-sur-Chalaronne, à Grenoble et à Apprieu.

Le savoir-faire du groupe est reconnu. Segepo apporte des solutions multi-technologiques dans les domaines du décolletage, de l'usinage, de l'assemblage et de l'injection plastique. Ses services de R&D permettent des études en co-conception ou en évolution technique chez ses principaux donneurs d'ordres.

Fort de certifications multiples et de moyens de production spécifiques, Segepo Group, dirigé par Philippe Chapeaux, aborde une foultitude de marchés, comme l'automobile, l'électrique, les travaux publics, l'énergie des fluides, la climatisation, le ferroviaire, les engins agricoles…

Dans sa charte de valeurs, le groupe met en exergue l'esprit client, la combativité, la performance, la convivialité et le respect. Au point numéro 4 du document, on retrouve l'innovation. A Saint-Lager, comme sur les cinq autres sites du groupe, on entend « découvrir et tester des idées ou outils nouveaux. Et accepter le droit à l'erreur ». Chez Segepo, on sait que la remise en question doit être permanente. Une remise en question des méthodes, des process et de l'organisation. L'innovation irrigue donc tous les pans de la société. La clé de la réussite ? Certainement…

INJECTION 74 (HAUTE-SAVOIE) : TOUJOURS EN QUÊTE D'INNOVATION ET DE MODERNITÉ

Implanté dans le bassin d'Annecy, pôle industriel dynamique de la Haute-Savoie, Injection 74 n'a de cesse, depuis 1992, de se développer en privilégiant des équipements toujours plus modernes. Suite au rapprochement avec la société ODEM en 2015, qui lui a permis de se densifier et de se solidifier, le groupe a pu proposer une gamme étendue de prestations.

Aujourd'hui doté d'un parc machines performant, « majoritairement électrique et robotisé », ce spécialiste de la transformation des thermoplastiques par injection intervient sur de nombreux secteurs d'activité : le sport, l'aéronautique, l'automobile, le véhicule deux roues, l'équipement électrique, l'électroménager, la climatisation, la cosmétique et bien entendu les produits innovants ! Cette propension a opter pour l'innovation est permanente. Il en donne pour preuve sa future participation au salon Midest.

Le groupe Injection 74 est en capacité d'assurer « le pilotage complet de votre projet, du développement jusqu'au lancement série. Nous validons la conception de chaque outillage en étroite collaboration avec nos partenaires moulistes français ». Pour répondre aux exigences et aux attentes, la société (CA 2017 : 5,5 M€) dirigée par Joël Tissot et Bertrand Schutz, aujourd'hui composée d'une trentaine de collaborateurs, dispose de moyens de production spécifiques, à commencer par 23 presses à injecter de 55 t à 1 000 t.

Martelées avec force détails par le groupe et frappées du sceau de la technologie et de l'innovation, les diverses compétences témoignent d'une palette large : bi-injection, tri-injection, injection gaz, surmoulage d'inserts métalliques, surmoulage d'inserts plastiques, robots 3 axes numériques, robots 6 axes numériques.




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