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Un " Frankenstein " décalé

le - - Spectacle vivant

Un " Frankenstein " décalé
Pierre Grobois - Victor F de Laurent Gutmann

Un drôle de " Frankenstein " attend les spectateurs au Théâtre de la Croix-Rousse, revu et corrigé par le metteur en scène Laurent Gutmann.

Le théâtre de la Croix-Rousse avait déjà invité Laurent Gutmann en 2015 pour son adaptation du Prince de Machiavel. Ici, le directeur de la compagnie La dissipation des brumes matinales se mesure à un monstre de la littérature fantastique, le Frankenstein de Mary Shelley. Chacune connaît l'histoire de cette créature hideuse, personnifiée à jamais par l'inoubliable Boris Karloff dans le film de James Whales (qu'on peut par ailleurs revoir au cinéma Cifa Saint-Denis, le 30 janvier), dont les cinéastes, metteurs en scènes et autres dessinateurs se sont emparés. On connaît moins, si l'on n'a pas lu le roman de Mary Shelley, l'enfance et la vie de son concepteur, Victor Frankenstein.

C'est vers ce pan de l'histoire que se penche le metteur en scène, qui nous convie à découvrir cet homme et ses motivations, transposé dans le monde d'aujourd'hui. Ainsi, le fait d'apprendre qu'il a perdu son petit frère très jeune propose une explication à son obsession à faire revivre les morts et créer la vie à partir de matière inerte. Ainsi, son épouse, personnage un peu falot dans le livre, s'étoffe pour devenir une femme d'aujourd'hui. Ainsi, Gutmann questionne la faute de Frankenstein qui n'est pas tant qu'il a voulu se prendre pour Dieu mais plutôt qu'il n'endosse pas la paternité de la chose qu'il a créée.
D'un roman sombre et tragique, Gutmann tire une farce, entre grotesque et profondeur, qui emmène le spectateur vers une réflexion sur sur la paternité et l'angoisse de celle-ci, les « transhumanismes », sur le vivant et sa manipulation. Sur ce qui « fonde notre humanité même, à savoir la conscience et le respect de (nos) propres limites », selon les mots de Laurent Gutmann dans sa note d'intention. L'air de rien, il fait réfléchir avec un texte écrit au cordeau, fidèle à l'esprit sinon à la lettre, et donne sa lecture, très personnelle, du Prométhée moderne - le sous titre de l'original de Shelley.

Théâtre de la Croix-Rousse, du 25 janvier au 3 février, www.croix-rousse.com




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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