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"Une Sainte dans l'incendie" incandescente au Théâtre de la Croix-Rousse

le - - Spectacle vivant

"Une Sainte dans l'incendie" incandescente au Théâtre de la Croix-Rousse
Giovanni Cittadini - Sainte dans l'incendie, mise en scène de Laurent Fréchuret

En ce moment, la petite salle du théâtre de la Croix-Rousse accueille un petit bijou de poésie et de théâtre. C'est la reprise de Sainte dans l'incendie de Laurent Fréchuret, mise en scène par lui-même et créée en mai 2010 à la Maison de la poésie à Paris.

Après plus d'un an d'arrêt de ce spectacle qui a déjà beaucoup tourné (plus de 200 représentations au compteur), Laurence Vielle, la comédienne, a dû se le « remettre en bouche » tant il est précis et tendu.

Écrit par petites touches, mûri pendant une dizaine d'année, Sainte dans l'incendie est une variation sur Jeanne d'Arc étonnamment brûlante et vive, magnifiquement jouée par la poétesse et comédienne belge Laurence Vielle.

Il faut la voir se lever (elle est assise dans la salle, spectatrice), et scruter chacun et chacune, les yeux à la fois plantés dans les vôtres qui vous traversent, puis se jeter dans l'arène, et débiter ses mots comme des petits cailloux précieux.

Grande et dégingandée, elle est aussi frêle comme une plume, mais d'une présence immense. Son regard halluciné parfois, mobile et vivant toujours, divague et se fixe, ses mains, toujours en mouvement esquissent des lignes dans l'espace, sortes de motifs qui répondent au texte.

Un texte à la fois simple et délicat, une « fantaisie héroïque » qui respecte l'ordre chronologique de la vie de Jeanne la pucelle, tout en lui insufflant modernité et poésie, et la débarrassant des clichés habituels.

Sa Jeanne « adore la statue de sel, l'ergot de seigle, la colonne de vent ». « À Chinon, elle voit le roi, un soleil avec des dents ».

La langue est ciselée, détournée, elle se déploie dans la bouche de Laurence Vielle, littéralement habitée par celle-ci.

D'autant que le plateau est nu, excepté un banc et une bouteille d'eau en plastique, et que seule la petite musique de Dominique Lentin vient troubler de temps en temps ce formidable monologue de mots et de gestes.

G.V.P.

Théâtre de la Croix-Rousse, jusqu'au 20 janvier, www.croix-rousse.com




Gallia VALETTE-PILENKO
Journaliste

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