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L'objet a révolutionné notre quotidien. Engendrant une claire mutation de nos habitudes de relation aux autres. Créant parfois de la distance, souvent de l'isolement. Etre relié à tout le monde, sans l'être vraiment à personne.

Cet objet - le téléphone portable pour ne pas le nommer -, appelé à la rescousse pour combler les vides, pallier les désœuvrements, occuper les silences, sortira des radars le 6 février à l'occasion de la Journée mondiale sans téléphone portable. Instituée en 2001, cette manifestation, dont l'audience semble encore confidentielle, bouscule notre confort et sollicite une véritable réflexion sur l'usage que chacun de nous fait du téléphone portable.

A l'aune de diverses études mesurant l'impact social de cet outil de communication, force est d'admettre que l'unanimité à son endroit n'a pas cours. Où l'on apprend que les Français se disent « agacés » par les conversations téléphoniques bruyantes dans la rue ou dans les établissements publics, ou pire, lors de leurs déjeuners ou dîners. Entre les usagers qui prennent leur mobile pour des amplis et les automobilistes peu sensibilisés à la dimension accidentogène de son utilisation, les nuisances et écueils sont légion. Sans omettre l'étalage de sa vie privée sur les réseaux sociaux et l'allègre diffusion de données personnelles, bancaires notamment, illustrant la prodigalité de chaque particulier, faisant fi des protocoles élémentaires de sécurité.

Ces individus semblent négliger ces règles de sécurité, ces principes de protection des données dans la sphère même de l'entreprise. Selon une analyse de Sopra Steria, « 99 % des employés ont effectué au moins une action potentiellement dangereuse en 2017. Action pouvant porter atteinte à la sécurité de leurs données ainsi qu'à celles de leurs employeurs ». Et le leader européen de la transformation numérique de renchérir sur les mauvaises pratiques : « 42 % des employés affirment utiliser leur mot de passe personnel pour des applications professionnelles et 62 % des entreprises ne disposent pas des compétences nécessaires pour détecter des incidents relevant de la cybercriminalité ! » En 2017, selon les commissaires aux comptes de France, « 66 % des entreprises hexagonales auraient été victimes de cyberattaques ».

« Se protéger contre la cybercriminalité est essentiel pour l'activité de votre entreprise », assène la Chambre de commerce et d'industrie Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne qui livre, via son site web, pléthore de conseils. Pour mémoire, 80 % des entreprises ayant subi un sinistre informatique majeur avec perte de données déposent le bilan dans les deux années qui suivent. Si les manipulations inappropriées, les virus, le détournement de matériel, les fraudes internes ou les dénis de service sont les causes principales de ces sinistres, le vol de données occupe une part non négligeable.

A l'heure où la frontière entre usage professionnel et usage personnel du smartphone s'estompe, où l'on pointe du doigt la Génération Y, celle des « digital natives », fustigée pour son individualisme (ndlr : les 18-34 ans consultent leur smartphone jusqu'à 100 fois par jour), où l'hyperconnexion gangrène (ndlr : 57 % des Français se disent incapables de passer une heure sans consulter leur smartphone), il serait grand temps de se reconnecter… à la réalité !




Laurent ODOUARD
Journaliste

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