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Les difficultés de l'évaluation d'un site internet

le 02 janvier 2017 - Olivier Arthaud, Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Lyon - Chiffre

Les difficultés de l'évaluation d'un site internet
Olivier Arthaud, Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Lyon

Le commissaire aux comptes peut être amené à se prononcer sur l'évaluation d'un site internet lorsqu'il doit réaliser un commissariat aux apports ou à la fusion, ou encore lors de l'appréciation de la valeur des actifs incorporels inscrits à l'actif des comptes d'une entité dont il certifie les comptes. L'évaluation des sites internet comportent certaines particularités qui rendent l'exercice parfois complexe.

Il est tout d’abord généralement possible de scinder un site internet en trois composants essentiels : le nom de domaine, les pages web et la base de données.

Le nom de domaine est l’adresse du site internet, mais également son nom commercial.

Les pages web comportent des textes, des images, des formulaires, des éléments multimédias, etc.
Les bases de données constituent souvent l’un des éléments majeurs dans la valorisation d’un site internet. Parfois l’essentiel de la valeur correspond à la richesse de la base de données d’utilisateurs, c’est notamment le cas pour les réseaux sociaux.

Préalablement à la mise en œuvre de l’évaluation à proprement parler, il doit être réalisé un diagnostic du site internet qui amène à se poser un certain nombre de questions dont notamment :

- Quelle est l’activité du site internet et quelle est sa classification (site de e-commerce, site communautaire, blog, site informationnel, etc. ? La taille d’un site internet peut se mesurer par différents indicateurs et notamment par l’importance de son trafic (nombre de visiteurs chaque mois).

- Quel est l’outil de production (serveur, maintenance, logistique...) ?

- Quel est l’historique du site internet (statistiques de trafic) ?

- Quelle est la qualité de la base de données ?

- Quelle est la qualité du nom de domaine (pertinence, référencement...) ?

- Quelle est la qualité du référencement ?

- Le site internet est-il soumis à des réglementations spécifiques ?

- Quels sont les concurrents ?

- Quelle est la stratégie marketing ?

Au-delà de ces questions, un des éléments les plus importants dans le diagnostic est l’identification des sources de revenus, leurs régularités, leurs natures (ventes de produits, ventes de services, revenus publicitaires...), les perspectives de développement, etc. En effet, un actif n’a de valeur que s’il existe un marché pouvant assurer sa cession et/ou s’il est générateur de profits.

Trois méthodes d’évaluation

Généralement, il est utilisé trois méthodes d’évaluation d’un site internet que sont la méthode analogique appelée également « comparable de transactions », la valeur de rentabilité (actualisation d’un revenu à l’infini) et l’approche intrinsèque appelée « Discounted Cash Flow ».

- L’approche analogique consiste à appliquer à un ou plusieurs agrégats du site à évaluer des multiples qui ont pu être observés sur des transactions dites « comparables », c’est-à-dire des sites internet ayant la même activité, la même typologie de clientèle, les mêmes perspectives de développement, etc. Cette approche nécessitera un véritable travail d’enquête et l’utilisation de bases de données pour pouvoir constituer un échantillon de comparables représentatifs du marché.

- Le revenu brut moyen peut être utilisé, notamment pour les sites de petite taille générant des revenus publicitaires ou des redevances.

- Pour les sites de e-commerce, l’agrégat retenu sera plus probablement l’EBITDA. Cette méthode a le mérite de la simplicité apparente et est applicable aux sites de petites tailles.

- La seconde approche est la valeur de rentabilité qui consiste à capitaliser un revenu à l’infini. Elle est applicable uniquement aux sites internet qui génèrent une rentabilité positive récurrente.

- La dernière approche utilisée qui est de loin la plus élaborée est la méthode dite des DCF. L’évaluation par la méthode des DCF consiste à déterminer les flux de trésorerie futurs disponibles revenant à l'ensemble des apporteurs de fonds (actionnaires et créanciers financiers) et à les actualiser à un taux représentant leur exigence réciproque en matière de rentabilité.

Cette méthode est généralement considérée comme la plus pertinente pour l'évaluation d'un site internet, dans la mesure où elle permet d'intégrer ses composantes stratégiques, économiques et financières, ses perspectives de développement, ses niveaux de rentabilité prévisionnels.

La valeur obtenue correspond à la valeur de marché théorique des actifs économiques de l’entreprise (dite « valeur d’entreprise »). Cette méthode est bien évidemment incontournable pour évaluer tout site internet en création ou tout site en forte croissance. Elle est basée sur un business plan rédigé par le porteur du projet, dont la cohérence est contrôlée par l’évaluateur ou le commissaire aux comptes. Sa mise en œuvre reste néanmoins complexe mais conforme aux pratiques courantes des évaluateurs.





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